Entretien avec Tiberto Ruy Brandolini d’Adda, Président, et Pascal Lebard, Directeur général.
Quel bilan tirez-vous de l’année 2009 ?
TRBA : Les résultats de l’exercice sont satisfaisants et encourageants pour notre groupe. Ils témoignent de la capacité de résistance de nos métiers, en dépit d’un fort recul de l’activité. Ils soulignent également que le plan stratégique, mis en œuvre fin 2007, commence à porter ses fruits.
PL : L’industrie papetière a été fortement affectée par la crise économique mondiale avec une chute significative de la demande finale dans tous les segments d’activité. Malgré cet environnement de marché très dégradé, nos résultats sont en progression. Le résultat opérationnel courant est en hausse de 7,5 % à 137 millions d’euros, en dépit d’un recul de 15,6 % du chiffre d’affaires, et notre marge opérationnelle s’est améliorée à 3,4 %. Enfin, nous avons également généré un bon niveau de cash-flow et réduit significativement la dette nette.
Quel a été l’impact des réductions de coûts sur vos résultats ?
PL : Notre groupe a réagi vite et fort, ce qui nous a permis de contenir les effets de la chute significative des volumes sur nos résultats. Dès juin 2008, nous avions anticipé le recul de la demande en engageant un plan de réduction des coûts. L’aggravation de la situation économique début 2009 a imposé de prendre des mesures supplémentaires. Antalis a renforcé son programme de réduction des coûts de structure dans l’ensemble des régions en Europe. Arjowiggins a fermé des usines déficitaires et adapté ses capacités à l’évolution de la demande. Celles-ci ont été réduites jusqu’à 20 % dans certaines activités, comme les papiers de création.
TRBA : Notre base de coûts opérationnels a été réduite de 93 millions d’euros en 2009, soit 161 millions d’euros sur 2 ans (180 millions d’euros avec les activités abandonnées). Ces efforts de productivité couplés avec une diminution significative des coûts des matières premières nous ont permis d’améliorer sensiblement notre profitabilité opérationnelle.
Arjowiggins n’est pas un producteur intégré en pâte à papier. Quelle est sa capacité à absorber les fluctuations du cours de la pâte ?
TRBA : En Europe, le marché des papiers couchés, segment ayant la plus forte sensibilité aux variations du prix de la pâte, est surcapacitaire. Depuis plusieurs années, notre stratégie est de transformer le papier couché traditionnel, qui représente seulement 13 % du chiffre d’affaires d’Arjowiggins (25 % si l’on tient compte de la division Couché US), en couché “vert” (recyclé, couché recyclé haut de gamme). C’est tout l’enjeu du développement d’Arjowiggins Graphic, leader européen sur ce marché.
PL : Grâce à la forte croissance des papiers “verts”, qui représentent aujourd’hui près de 50 % de son chiffre d’affaires, la division graphique a amélioré significativement ses résultats en 2009, alors que le marché du papier couché était en recul de 18 %. L’offre “verte” d’Arjowiggins Gra-phic est fabriquée à partir de pâte à papier FSC recyclée de haute qualité, produite dans son usine de Greenfield à partir de papiers de bureau usagés. Elle n’est donc pas dépendante du prix de la pâte. C’est un atout majeur sur le marché.
Quels sont les moteurs de croissance d’Antalis ?
TRBA : Antalis a démontré une réelle capacité de résistance en 2009 avec une marge opérationnelle stable à 2,7 % malgré un recul du chiffre d’affaires de 14,6 %. L’intégration de Map est aujourd’hui pratiquement finalisée, ce qui lui a permis d’optimiser la chaîne logistique et les systèmes d’information, domaines où se trouvent les gisements les plus importants d’économies mais aussi d’efficacité opérationnelle.
PL : Antalis a lancé début 2010 le programme RACE 2012, qui a pour objectif de conforter son leadership dans la distribution de papiers et de produits d’emballage en Europe. Ce projet d’entreprise doit lui per--mettre de renforcer son positionnement de distributeur spécialisé dans chaque zone géographique où il opère, notamment en systématisant les meilleures pratiques opérationnelles, afin d’apporter davantage de valeur ajoutée à ses clients.
Comment abordez-vous l’année 2010 ?
PL : Depuis le début de l’année, la demande continue de rester relativement atone dans la distribution, quand, côté production, la reprise, en partie technique dans la totalité des segments de spécialité d’Arjowiggins, se confirme. Toutefois, nous avons pleinement confiance en la capacité des équipes à continuer d’améliorer les marges opérationnelles. Ainsi en 2010, Sequana devrait réaliser une performance opérationnelle supérieure à celle de 2009.
TRBA : Conformément à notre stratégie, l’objectif est également de poursuivre la réduction des coûts et le désendettement du groupe. Grâce aux actions mises en œuvre en 2009, nous avons renoué avec un résultat net positif, ce qui permet au conseil d’administration de proposer à la prochaine assemblée générale le versement d’un dividende de 0,35 euro par action.
